30.3.09

=> Fin d'hiver 2009!



Sean POTT, mon ami irlando-chamoniard, est le nouveau champion Vol&Ski 2009 ! Et il le mérite. S'adjuger ce titre (malheureusement encore) officieux de vainqueur du Challenge National Vol&Ski, est l'équivalent d'un titre mondial de la pratique hivernale !
Certes sur une planète encore peu représentée en nations mais dont l'intérêt croît linéairement, tant auprès des pratiquants que des constructeurs, sous le regard intéressé de la FFVL ; s'apercevrait-elle, notre chère Fédé, que la sur-médiatisation du Speed Riding est à mon sens préjudiciable à l'image du Parapente, auprès du grand public en vue de "soigner" notre maladie de recrutement en terme de nouveau venue à la pratique libériste!

Sean a donc réussi, à force d'entrainement, de persévérance & de volonté à me déloger d'un podium dont je "squattais" outrageusement les sommets depuis quelques années déjà! Et même si nos trois confrontations hivernales ont tourné (parfois de très peu) en ma faveur, vaincre est un tout : présence dominicale régulière, déplacements, fatigue, tenir son statut de favori & ne pas craquer ! Voici les ingrédients d'un champion & Sean l'a démontré! Tout comme Anne, sa compagne! 2009 marque donc l'arrivée de nouvelles locomotives et c'est tant mieux ; pour ma part, participer, c'est bien...gagner c'est mieux! On ne se refait pas! Je ne me sentais pas, cette année, pour diverses raisons personnelles, de supporter une saison complète! Il devenait difficile de s'entendre dire avant chaque décollage " de toute façon, c'est Sam qui va gagner, qui peut le battre?" Sean, la preuve! Comme si les résultats étaient publiés d'avance! Devenir le meilleur c'est bien, on se prépare pour lorsqu'on est compétiteur...conserver ce statut de "meilleur" c'est beaucoup plus dur...& éprouvant! Et messieurs les blablateurs, tous les ingrédients de la compétition sont réunis : ne dévalorisez pas malicieusement ces sportifs, sous prétexte d'activité mineure ( voir le n°1 de Parapente Mag, il y a 20 ans!) ou de technicité spécifiques vous échappant ( de grands pilotes s'y frottent : Hans Bollinger, Patrick Bérod, Claude Turner, Vincent Sprungli...)

Sean la voulait cette victoire, il a fait ce qu'il fallait pour! A moi désormais, et l'envie reviendra progressivement, d'aller le rechercher ce titre...et oui, Papy refera sûrement de la résistance! Je retrouve un challenge personnel!
A l'année prochaine, Sean! Il ne me manque que deux objectifs à la hauteur de ma mégalomanie : gagner les Saisies et Crest Voland, les deux seules étapes manquantes à mon palmarès... Arrrghhhh !!

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24.3.09

=> Courchevel : finale Vol&Ski 2009 ! 3éme duel...








Jean Claude BENINTENDE, président de la Fédération Française de Vol Libre & organisateur de cette finale, prévient tous les pilotes lors du briefing du samedi matin : « bienvenue à Courchevel & préparez-vous à vivre un week-end pour gros bras ; les 4 manches tracées sont nouvelles & d’un niveau de pilotage très exigeant ! »

Les 50 participants sont au parfum et la météo est au rendez vous ! Tous les aficionados se retrouvent donc au sommet de la piste noir de l’M et peuvent se confirmer du degré de difficulté lors du repérage à ski du parcours. Des enchaînements de cibles plus proche des trajectoires du rallye de Corse que d’une randonnée aérienne !

Sean Pott, le pilote chamoniard a d’ores et déjà remporté officieusement le titre 2009, mais souhaite remporter la confrontation avec Sam Sperber, le pilote de Saint Gervais & membre du club des Frégates de Guadeloupe, actuel tenant du titre pour encore quelques heures : ces deux amis dans la vie et adversaires dans les airs ne se seront croisés que trois fois dans l’hiver, Sam ayant choisi de faire une petite pause après sept années de domination sans partage au niveau européen. Sean Pott tenant absolument à relever le défi et Sam Sperber n’ayant comme objectif que de gagner cette épreuve qui lui échappe depuis 2002 ! L’irlando-chamoniard n’a donc pas la pression du titre à gagner, pouvant dès lors voler l’esprit libéré et le saint gervolain, juste démontrer que son absence du circuit 2009 ne l’empêche pas de demeurer un « mercen’air » des podiums ! Il y a donc plusieurs duels en prévision dans toutes les catégories représentées : chez les femmes, Anne Bosvieux a elle aussi remportée mathématiquement le titre, succédant ainsi à Kti Devos pour cette année et désireuse de gagner son duel dominical pour assoir sa victoire ; chez les biplaceurs, l’équipage luxembourgeois, Etienne et Marie-Jo Coupez doivent encore en découdre avec un équipage belge, américain et français pour remporter le titre. Organisateurs & participants se délectent à observer toutes ces confrontations, véritable match dans le match, et peuvent apprécier la virtuosité développée par les « cadors du circuit » ; les remarques vont bon train « c’est hallucinant ce qu’ils font avec leur parapente les top gun ! » A l’issue des deux manches du samedi, le président décide de ne pas communiquer les résultats intermédiaires pour préserver le suspens : en effet le classement final pouvant encore subir des changements, notamment pour les deux autre marches du podium ! Renaud Nochez, son fils Eliot (le plus jeune du circuit, du haut de ses 15 ans), Alain Finet l’annécien, Thierry Moreau meilleur pilote belge, Anthony Green, seul représentant américain sont quant à eux les acteurs du duel pour les accessits et les calculs vont bon train : leurs classements sont directement liés au résultat du duel entre Sean et Sam ! Ces derniers s’avèrent circonspects quant à l’estimation de leurs points : chacun pense que l’autre est devant ! L’organisation avait donc raison sur deux points : la difficulté du parcours et le maintien du suspens pour le dimanche ! Pas de calcul, pas de stratégie, il faut lâcher les chevaux pour les deux dernières manches, se déroulant sur la piste du Bouc Blanc. Tout le monde s’amuse de la bataille psychologique que se livre les deux compères : ils ne se quittent pas d’une spatule ! L’un préparant sa voile dans les premiers au décollage, l’autre lui emboîtant le pas, le premier repliant sa voile, son adversaire faisant de même ; c’est à celui qui fera craquer l’autre ! La moindre erreur se payera cash au classement ! Tout c’est donc joué ce dimanche et la finale fut encore à la hauteur de sa réputation ; Sam Sperber temporise en observant l’évolution des conditions aérologiques et le passage de quelques concurrents afin de valider ses choix stratégiques de trajectoires, Sean faisant de même conscient que ses deux défaites à Saint Gervais et Flaine, lors des deux précédentes confrontations avec Sam, n’étaient pas le fruit du hasard ! Le pilote de Saint Gervais, le plus tropical des pilotes métropolitains, réalise deux passages quasi parfaits, déjouant tous les pièges concoctés par le président fédéral et réputés irréalisables quant à leurs enchaînements ; il caracole en tête, véritable démonstration de pilotage, propulsant Sean à plus de 500 points derrière lui et le troisième, l’américano-chamoniard, à plus de 1000 points ; Sam Sperber était bien le plus fort ce week-end mais sur l’ensemble de la saison, Sean Pott honore avec panache son statut de vainqueur du titre 2009, avec quatre victoires sur neuf participations, le saint gervolain remportant les trois épreuves auxquelles il participa. L’adolescent terrible du circuit, Elyot Nochez s’adjuge la seconde place du général, devançant son père Renaud…va y avoir des représailles paternelles de retour à la maison ! Du grand et beau spectacle durant tout l’hiver ayant permis à 237 pilotes, dont 32 femmes et 12 équipages biplaces d’en découvre dans les airs de tous les massifs français, italiens & suisses pour une édition 2009 du challenge national de Vol & Ski démontrant que le parapente hivernal est une discipline à part entière, où force mentale, prise de risque, prise de décision ultra rapide et dextérité sont les composantes indissociables du sport de haut niveau…même si pour le moment, il ne s'agit que d'une Coupe de France et non d'un Championnat de France. Et si Annecy 2018 marquait l’arrivée de la première discipline aérienne pour une olympiade hivernale ? Vivement l’hiver prochain…


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23.3.09

=> Flaine : vol&ski 2009 ! Second duel de l'hiver...




" Air Force One ! "

Déjà la demi finale ! Flaine accueillait, ce week-end, l’avant dernière épreuve avant la grande finale de Courchevel du challenge national Vol&Ski 2009 ; ce dernier comportant cette année 9 épreuves réparties dans tout l’Arc alpin, les Pyrénées, l’Italie & la Suisse.

53 pilotes, dont 12 représentantes féminines, se sont livrés, à 5 reprises & sur trois secteurs différents du domaine skiable, à de fantastiques et colorés duels aériens. Sur un manteau neigeux d’excellente qualité, l’organisation du club Agy’Plane, toujours aussi efficace, a su rebondir aussi bien concernant l’aérologie que sur un déplacement de secteur de vol, peu de temps avant une gigantesque panne EDF privant d’électricité toute la combe & ses installations ! Rien que ça !

Un tracé de base sur la piste de Serpantine, toujours aussi délicat & technique à négocier, à l’occasion duquel les forces en présence se sont immédiatement discernées : Sean Pott, Alain Finet, Renaud Nochez et son petit prodige de fils, Eliot, Thierry Moreau et le tenant du titre pour encore une semaine, Sam Sperber, le pilote de St Gervais. Ce dernier, déjà triple vainqueur 2008-07-05, n’a pas participé cette année à la reconquête de la plus haute marche du podium final ; rappelons que pour entrer au « scoring » dans la course au titre, il faut participer à 4 épreuves minimum. Or le pilote saint gervolain participait à Flaine, à sa deuxième compétition de l’hiver !
Rapidement le vent mis à mal les prévisions des valeureux bénévoles du club & de manière très réactive, ils déplacèrent la manche dans le secteur des Grands Vans, élaborèrent en deux temps trois mouvements, un circuit jalonnés de piquet à cibler en vol ou en contact-neige, le fameux « touch and go » ! D’une apparente facilité aérienne après le repérage à ski qui lui fut franchement galère, cette manche s’avéra beaucoup plus sélective que prévu, tant parmi les cadors du circuit que parmi les pilotes venu de presque toute la France ! Déjà en tête & ex aequo avec Thierry Moreau à l’issue du premier « run », Sam Sperber creusa l’écart sur les deux manches enchaînées dans cette belle combe & sous les yeux des skieurs, ravis de ce spectacle de pilotes virtuoses et des « ratages » humouristiques.
Notons la belle performance des biplaceurs ainsi que des pilotes engagés dans les deux catégories : solo & biplace ! Il aura fallu tenir le rythme endiablé des épreuves, au nombre de 10 en un week-end ! Bravo à tous & une mention particulière à Elyse Bouchet de Passy, seule biplaceuse engagée et finalement 2de au classement final féminin.
L’ensemble des pilotes a rapidement compris que Sam n’était pas venu pour faire de la figuration ! Il fut le seul pilote à réaliser deux fois de suite les enchaînements de trajectoire concoctés par Laurent Broisin, le Directeur d’Epreuve & moniteur de parapente local, pour justement départager le top ten. Tenant du titre, Sam Sperber se vit attribué le dossard numéro un et ce fut après sa prestation du samedi que la blague commença à circuler : de rare apparition cet hiver et à chaque fois il remet les pendules à l’heure, Sam c’est Air Force One !

Tout ce petit monde se retrouva au sommet de la Serpantine en ce Dimanche matin, prêt à en découdre, dans une ambiance toujours aussi euphorisante et bon enfant, sans éluder pour autant la compétitivité entre ce qui se fait de mieux en pilotage au niveau européen !
Mais Eole en décida autrement & les deux heures d’attente n’y changèrent rien ; l’organisation trouve rapidement une solution, nouveau changement de secteur, certains en profitent pour découvrir le domaine skiable très généreux de Flaine ; le sourire est sur tous les visages, quoiqu’il advienne le week end sera positif & validé pour le classement final ; les deux manches nécessaires ayant eu lieu. Un tracé rapidement mis en place, tout en finesse et précision, sans réelle difficulté, à l’exception d’une cible volontairement placée sur le toit d’un chalet enneigé et donc sélectif rien que dans l’intention de la tenter, dévoilant tout le bagage technique nécessaire pour réaliser le sans faute : des passages vent face-vent arrière, un 1er passage ou les cibles doivent se faire en glissant, puis le même parcours mais les cibles devant être touchées en vol. C’est également des manches « couperet » , la moindre erreur se paye cash dans le peloton de tête : à ce jeux là, c’est Alain Finet & Thierry Moreau qui en font les frais, Eliot l’ado terrible du circuit qui en profite pour se faufiler sur le podium, en réalisant le sans faute à 2 reprises, tout comme Sean Pott & Sam Sperber. Mais c’était trop tard, l’écart se fit le samedi & ne restait plus qu’au pilote expérimenté de Saint Gervais à neutraliser ses concurrents : les laisser prendre des risques pour « aller le chercher ».
Notons l’excellente prestation d’Anne Bosvieux, compagne de Sean Pott et qui commence à rivaliser avec les hommes au classement général. Sean le moniteur de Chamonix, quant à lui, a mathématiquement et très logiquement remporté le titre 2009 ! Avec deux victoires en deux participations, Sam Sperber montre qu’il demeure un prétendant sérieux à la victoire lors de la finale de la semaine prochaine, comptant certes « pour du beurre » même si sportivement captivante entre les deux compères, mais déterminant pour les deux autre marches du podium : qui de Renaud Nochez, Eliot son fils, Alain Finet ou Thierry Moreau en deviendront les locataires pour un an. C’est l’équipage luxembourgeois, Etienne & Mari-Jo Coupez qui s’adjuge la victoire en biplace & par là même le titre dans la catégorie Pour conclure, le pilote saint gervolain a clairement exprimé son intention d’épingler à son palmarès Courchevel ; la victoire lui a toujours échappé tout en le sacrant à sept reprise au général depuis 2002, avec un record absolu de victoires à la clef, en biplace comme en monoplace!
Sean Pott se révèle sur l’ensemble de la saison le meilleur pilote du circuit et mérite amplement cette victoire, après être longtemps resté le dauphin chamoniard de la machine à gagner saint gervolaine, la régularité à payer & c’est avec beaucoup de plaisir que Sam lui remettra son titre. Une belle manche de Vol&Ski s’est achevée, une passionnante se profile.

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5.2.09

=> Vol&Ski 2009 : St Gervais, les coulisses d’une farce !

Actuel détenteur du titre du Challenge National Vol&Ski, j’annonçai en Mars 2008, lors de la remise des prix de la finale de Courchevel, que je ne défendrais pas ma place sur l’édition 2009 & que, si je concourais cette année, ce serait en dilettante ! C'est-à-dire sans une omniprésence sur les étapes du circuit, ainsi que je le fis depuis 2002 ! Une saison de Compet’ représente 12 week-end absents, déplacements, hôtels, frais annexes, inscriptions & le plus souvent dans les deux catégories (biplace & solo, je suis notamment à l’origine de cet engouement pour les biplaceurs de titiller les monoplaces !), soit un budget de 6000€ environ !

Sans autre sponsor que celui de mon entreprise de ramonage, autrement dit moi-même !

Concourir en dilettante, ne veux pas dire sans ambition ! Participer c’est bien, gagner c’est mieux. Il faut, d’après le règlement, s’inscrire sur 4 épreuves pour disputer la victoire finale! Etre bien classé n’est que la conséquence de bien voler, de se faire plaisir, de donner le meilleur de soi-même ! Les épreuves saint gervolaines débutent le Samedi 31 janvier 2009, RdV est donné à 8h00 du matin au pied du télécabine ! La veille, ma soirée est programmée : le vendredi c’est soirée Salsa & Latino avec les potes, couché à 3 plombes du mat’ ! Si ça, c’est pas une hygiène de sportif de haut niveau !!

Vendredi 30 janvier vers 18h, coup de téléphone de Renaud NOCHEZ, alias Sapinette, rédacteur en chef des comptes rendus hivernaux & responsable de la commission technique de ce même challenge, actuel leader du classement et l’un de mes adversaires préférés pour la bonne humeur ambiante qu’il dégage : « Allo SAM ? c’est Renaud, on a un compétiteur qui ne connais pas la station, peux-tu le déposer au PC, il est à pied avec tout son matos et nous on est logé à Servoz chez « Dom’Tom » (alias Dominique LECLERC, notre vénérable et antillaise Présidente de la commission Vol&Ski, ma copine de maternelle, si, si, c’est vrai, j’vous le jure !) et vu que t’es sur place, j’me disais que… » ! Et merde, c’est chiant de ne pas savoir lui dire non à mon pote, et re-merde, j’avais prévu de faire une p’tite grass’mat’ avant de monter sur les pistes !!!

Et là, mon cerveau de psychopathe ailé accouche d’une idée ; et si finalement je participai à la manche à domicile, mince, j’en suis tout de même le tenant du titre, je suis sur « mes terres ». Et nul n’étant prophète en son domaine (skiable), c’est vraisemblablement l’étape où je suis le moins bien accueilli ! Depuis plusieurs années, et l’installation d’un concurrent professionnel (en terme d’activité, pas franchement en terme de compétences…ça s’est fait ! Après j’m’étonne de voir ses moustaches se rebiffer !) mes relations avec le club local « de p’tits copains » n’ont vu que des divergences se dévoiler pour atteindre la scission radicale il y a environ 5 ans ! Donc, la simple annonce de ma présence génère ici un comportement et des attitudes à mon encontre qui nuisent à l’envie de m’amuser, de passer un bon week-end ; si je déboule à l’inscription ainsi, c’est clair le Dédé (faut l’gratter) en question va me faire chier, comme tous les ans, en cas de litige au scoring, si je l’ouvre, c’est clair, je vais passer pour un « casse-couille » et quoique je fasse, aider au décollage les multiples concurrents qui galèrent, répondre aux interrogations techniques des participants ou tout simplement passer de bénévoles en bénévoles pour vérifier mon score (je sais très bien qu’ils n’ont pas a revenir sur leur jugement en cas de désaccord), y’en aura toujours un pour commenter ma présence et y trouver une légitimité à déblatérer des conneries ! Donc, participer me ferait plaisir, mais incognito serait idéal, juste pour être heureux d’être là ! Idée : incognito, la voilà la solution !

Mais comment faire ? Je ne suis même pas inscrit ! Si j’annonce mon club, « les Frégates de Guadeloupe », si je mets ma tenue hivrnale siglée dans tous les sens « A2L-parapente », si je montre la minutie habituelle avec laquelle je me prépare, même noyé dans la masse des participants, il est clair que je risque d’être démasqué, non pas comme le « Goyave » du même nom de l’an passé, rapporteur hebdomadaire des épreuves sur un ton éditorialiste encore jamais pratiqué ( je vous invite à lire les archives de mon blog…si vous n’avez rien à faire de mieux, bien entendu !) mais comme un candidat sérieux au podium & comme l’homme à abattre pour l’ensemble de mes challengers ! Et je n’ai pas envie d’avoir la pression, je veux juste m’amuser et pourquoi pas faire un pied de nez à mes « p’tits copains du club local ». Merci Renaud, c’est grasse à toi que cette idée lumineuse d’illuminé m’est venue (en me faisant zapper ma flemme matinale pour cause d’absorbtion « modérée » durant la soirée latino de ti’punch & autre morito!). Je m’appellerai Eric, mon second prénom, BUSSE, le nom de ma mère ! Eric BUSSE, ça sonne pas mal et quoi d’autre ? Ah oui, la tenue de ski, mince, il faut que j’en revête une anonyme ; le visage, il faut le camoufler ; la voile, je dois en changer ; toutes mes habitudes de compétiteurs, je dois les réorganiser : ne plus être aux premières loges au briefing, ne pas poser de questions, ne pas décoller dans les 1ers, repérer le circuit tardivement, se faire doubler dans l’air de préparation pas les cadors et consors, accepter que quelqu’un me démêle la voile & pas nécessairement ainsi que je l’aurais fait, faire son vol et disparaître…bref, rien de ce que je pratique habituellement ! Et arborer tout un week-end, une cagoule en lycra, un casque format Caliméro & un masque plus proche de la centrale vapeur que de l’équipement d’un compétiteur venu en découdre ! J’ai passé mon temps à tenter de virer la buée que mon accoutrement générait dans le « goggle » sans me faire démasquer.

Pour l’anecdote, absolument pas inscrit, la preuve je reçu le dossard 85 (généralement j’envoie mes chèque en décembre pour toutes les épreuves afin de réserver l’hébergement, bref pas de faille dans la logistique). Le 1er test de ma supercherie fut le face à face avec les membres du bureau au PC ; 8h15, j’arrive & me retrouve 12ème sur la liste d’attente, le quota de 80 voiles étant atteint ! Je « zone » 1h immergé dans l’ensemble des organisateurs, bénévoles, copains, adversaires, amis & détracteurs… ça démarre pas trop mal, visiblement je suis incognito ! Je me prends au jeu ! Je me délecte. Je reste environ 45mn à 2 mètres de Renaud, je lui suggère même de proposer aux organisateurs de ne pas laisser 15 blaireaux sur le carreau, de les inscrire, quitte à revoir le tarif pour absence de panier repas ou de place au restau le soir, bref d’être à la hauteur du succès que remporte cette édition saint gervolaine. Et Renaud s’en fait le relais, il obtient gain de cause, je suis rassuré, on va pouvoir continuer de dérouler la mystification ! C’est tant mieux car je ne me serais pas geler les « corones » pour quedal ! Il y a encore 2 semaines de cela, j’étais en Guadeloupe : troquer les tongs pour les chaussures de ski, le paréo pour la combinaison & les 52° du rhum pour les -10 ambiants, ça refroidit son bohnomme ! Je quitte donc une 1ère fois la tenue d’Eric BUSSE pour reprendre ma tenue de pro’ local proposant des biplaces sur le lieu de la manif’…et je me montre ostensiblement, histoire de vérifier le subterfuge ! Ceux qui prétendent a posteriori m’avoir reconnu à ce moment là, au mieux un doute à germer, mais rien n’a filtré ! Désormais, il faut aller vite ; rejoindre mon décollage, récupérer mon matériel, une Advance Alpha 4 -26 orange & rouge et …me changer à nouveau , enfiler la combinaison Advance gagnée l’an passé à Courch’ et de préférence ressembler à un sac ! Eric BUSSE est un parfait inconnu dans le circuit. Pas compliqué avec la cagoule, le masque, le casque et un look global reflétant le parapentiste « lambda », non pas le pro’ qui passe 4 mois sur les pistes avec un équipement adapté, en soignant à minima son apparence vestimentaire ! Seul « bug », la voix !

Conclusion, se la fermer pendant 2 jours (pas simple ! Pour ceux qui me connaissent, ils ne peuvent que confirmer !) ou maquiller ma voix lorsque je ne peux vraiment pas faire autrement que de parler : je m’entraîne dans le télécabine ! Seul l’œil attentif d’un bénévole réputé, Denis Cortella pour ne pas le citer, remarquera le Dimanche, mes skis & chaussures, inchangés & tout de même après une analyse minutieuse et dubitative des photos prises le samedi, projetées au repas du soir ; les interrogations apparaissaient : « c’est qui ce Eric BUSSE, inconnu au bataillon & qui pour une « première participation » se paye le luxe d’être en tête au scoring intermédiaire, devant tous les cadors présents ! C’est Cécile, photographe reporter dominicale, qui m’accueillit au Casino en me demandant si j’avais bien « gazé » ce jour, persuadée qu’elle était de m’avoir reconnu ; bien joué miss, mais un « absolument pas, regarde sur la liste du classement, tu vois mon nom ? Non, bah tu vois, pour être classé, faut être inscrit ! C’est pas mon cas ! » Sic. Visiblement peu convaincue, elle n’insista que timidement & la soirée repris son cours. Je note tout de même que je ne fus jamais autant pris en photo à St Gervais que ce week-end là ! Demain il faudra jouer serré ! Une chose est sûr, je ne pouvais pas changer mon style de vol, de choix de trajectoires, de technique permettant de récupérer les 2 ou 3 situations délicates rencontrées sur les « run », dont il est clair que seul un pilote expérimenté pouvait s’extirper ! Traduction : une manière pour mes détracteurs d’admettre à mots couverts que je suis en plus d’être modeste (!), le profil type d’un prétendant au podium ; ça énerve, hein, d’en arriver à cette conclusion ?!

J’alternerai donc les apparitions en tant qu’Eric BUSSE, discret, limite effacé, demandant de l’aide au décollage, simulant la tremblotte au déco & ma présence en tant que Sam SPERBER, visible, venant donner un coup de main pour l’installation rapide des concurrents, distillant quelques conseils aux novices, circulant sur le parcours pour venir en aide aux « échoués » malheureux et laborieux…bref comme je l’ai toujours fait sur tous les circuits de France, Italie & Suisse ! Sauf à St Gervais, tant ils me cassent les pieds…à l’exception de cette fois-ci ! Vous auriez du apprécier messieurs les dirigeants du club, et pourquoi pas penser à me convier au barbecue du dimanche. C’est dommage, d’autant que Serge Tuaz, la veille me demanda mon avis quant à la validation d’une manche litigieuse « SAM, toi qui ne participe pas, tu es neutre, t’en pense quoi ? ». Tiens, mon avis intéresse quelqu’un, y’a du mieux ! C’est donc dans une sincère neutralité que je lui exprima volontiers mon analyse !

Le dimanche fut donc engagé ! Trouver le compromis entre, pourquoi pas, défendre crânement ses chances de victoire & ma priorité du moment, faire en sorte que la farce dure le plus longtemps possible ! Au fur & à mesure de la journée, il devint de plus en plus évident pour certains que quelque chose clochait ! Sur la 3éme manche, je décollai pour le second duel aérien sur la piste de l’Idéal : un tracé, où après analyse de la règle en vigueur, il fallait vite adopter une stratégie et là, mes challengers reconnurent un style qu’ils connaissaient bien ; aucune faille, la ligne parfaite, des choix rapides et une logique : d’après mon classement, les « podiumisables » seront ex aequo, donc je ne pourrais pas, ou peu, prendre de points ; ne pas en perdre, assuré le classement en maintenant l’écart & voir pour la suite où il faudra « lâcher » les chevaux ! 4ème & dernière manche : je sens que les conditions vont défavorablement évoluer, mais je suis encore habillé en Sam après avoir aidé les retardataires de la manche précédente, je me change donc en Eric une 6ème fois de la journée ( !), j’arrive au décollage avec un bon vent arrière, tant pis, j’ai l’avantage de la connaissance du terrain, les « top ten » ont déjà bouclé leur « run », le classement en subira le jeu des chaises musicales ; le dossard 85 se présente donc et… sans faute ! Seul pilote à réaliser le 100% ! Signé Furax !! Sur 4 manches (seules trois seront validées pour le challenge national) Eric BUSSE réalise trois 100% et ne manque sur l’ensemble des 60 cibles du week-end qu’un malheureux piquet, propulsant dès lors mon dauphin à plus de 300 points ! Résultat : 4050 points sur un total maxi de 4100 réalisables ! Seul pilote au dessus de la barre des 4000 ! On frôle mon meilleur souvenir : Flaine, l’an passé où je fus l’unique pilote de l’histoire du Challenge Vol&Ski à réaliser 5 manches consécutives à 100% des points ! Schizophrène & humble avec ça! Que mes détracteurs gambergent à ceci : « le simple d’esprit est celui qui regarde le doigt… lorsque le sage lui montre la lune ! » Au lieu de vous égosillez à me pourrir la vie lorsque je défendais les couleurs de mon club saint gervolain, vous auriez mieux fait d’appliquer vos belles paroles à la lettre : impartialité, pas de copinage & de conflit d’intérêt!

Aï, mes vieilles rancoeurs refont surface ! Pas bien Sam, c’est pas bien !! Bah oui, quant on est maniaco-schizo-mytho-dépressif, il est normal de dégoupiller parfois ! Rassurez vous les gars, j’me soigne…au Ti’punch ! Avec un peu de chance, soyez patient, j’vais devenir alcoolique en plus !

Allez, on termine ! La remise des prix ! Ah quelle grosse marade ! Il fut évident que bons nombres de pilotes m’avaient démasqué ou tout du moins se sentaient suffisamment sûr d’eux pour observer avec suspicion des commentaires dubitatifs ! Il me fallait tenir, d’autant que changer également une de mes habitudes justifiait de ne pas me mêler au groupe, je demeurai donc à l’écart, observant, jouissant de la farce finalement pas si mal menée & absolument convaincu que je ne devais pas dévoiler mon identité ; j’avais même organisé en compagnie de mon ami Jean Philippe, un scénario à 2€ pour qu’il monte sur le podium à ma place…au cas où ! Inutile ! Après l’épluchage à rebours du classement, être passé au top ten, puis aux 2 premières places, vint l’annonce du vainqueur ! Julien SERRE, grand ordonnateur de l’une des plus belles manches du circuit, Saint François Longchamp, et peut être le seul du club local à être en phase entre ses paroles & ses actes « Bon on a un problème pour le 1er, il est inconnu du circuit, on a vérifié auprès de la FFVL, inconnu, mais bon on est pas duppe & on envisage de récompenser le Fantomas du week-end par l’attribution du masque d’Or, on va demander à SAM SPERBER de nous rejoindre ! » Dernière tentative désespérée de ma part pour nier en bloc, et confronté à 150 paires d’yeux tournées vers moi additionné à la gentillesse & l’humour de Dom’Tom Leclerc aidée de Kti Devos pour m’extirper du fond de la salle en me portant vers la scène, c’est avec enthousiasme et fou rire que je me laissais faire, traversant en lévitation les spectateurs, captant des « j’en étais sûr » « ah tout s’explique » « ouais, bah le pauv’garçon, il s’arrange pas » (eh, Dédé, j’t’emmerde !) « y’a que lui pour battre Gros’Beraut & les Ouin-ouin helvêtes » « normal finalement ; il est chez lui » (tu vois Dédé, même eux le disent !) « Géant Sam, tu les a bien eu ! » ; cerise sur le gâteau, j’ai enfin eu droit à la poignée de main de Mr le Maire, de l’adjoint aux Sports (j’vous jure, qu’est ce qu’il ne faut pas faire !) , pas comme l’an passé, même place, même classement, mais on m’avait cordialement évité, la pauvre Hélène avait du s’exécuter pour les félicitations (timides) au vainqueur !

Moralité : merci aux bénévoles, aux organisateurs, j’ai passé un top moumoute week-end, détendu du string, enthousiaste à vous voir œuvrer de l’intérieur, observateur attentionné en vue d’également faire progresser le schmilblick pour finalement un seul objectif : que le Vol&Ski atteigne logiquement la place qui lui est due : une pratique à part entière, piste à fouiller pour palier à la défection croissante de renouveau dans notre recrutement, modification bénéfique de notre image auprès du grand public & enfin rêve un peu fou, de voir cette discipline reconnue au niveau internationale et pourquoi pas travailler ensemble pour la rendre olympique !

Le mot de la fin revenant à Serge « merci SAM, tu nous a bien fait rire ! » et bien tu vois Serge, les temps changent, c’est pas mieux ainsi ?! J’ai connu des temps où tu m’invitais publiquement en AG, à ne plus prendre mon adhésion au club de St Gervais ; mon club guadeloupéen des Frégates est ravi !

On peut rire de tout, disait Desproges…mais pas avec n’importe qui, rajoutait-il ! En tout cas, cette farce se voulait bon’enfant et avec un seul objectif : ne nuire à personne d’autre qu’à moi-même ! Plutôt réussi, non ?

Sans rancune…


PS : y'a un blog à visiter absolument (... après l'mien quand même, faut pas déconner non plus! Un peu de soleil des Tropiques, ça fait pas de mal!) celui des zéléphants :
http://zelephs-hannibal.blogspot.com/
& bien entendu le site officiel vol&ski.fr !

En tout cas, merci les copains, d'avoir bien rigolé & aux coincés, détendez vous, y'a des choses plus grave!! Merci à mes 2 porteuses qui ont gentillement bousculé l'arroseur arrosé, bon moment de rigolade! Bref, pour ma part : "ah, quelle grosse marâde!" ce w-e.

...et courage à tous mes potes de Gwada, qui doivent galérer un peu en ce moment. A pi taw...

Sam
PS : merci à l'auteur de la photo, qu'il se nomme en commentaire.

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