5.2.09

=> Vol&Ski 2009 : St Gervais, les coulisses d’une farce !

Actuel détenteur du titre du Challenge National Vol&Ski, j’annonçai en Mars 2008, lors de la remise des prix de la finale de Courchevel, que je ne défendrais pas ma place sur l’édition 2009 & que, si je concourais cette année, ce serait en dilettante ! C'est-à-dire sans une omniprésence sur les étapes du circuit, ainsi que je le fis depuis 2002 ! Une saison de Compet’ représente 12 week-end absents, déplacements, hôtels, frais annexes, inscriptions & le plus souvent dans les deux catégories (biplace & solo, je suis notamment à l’origine de cet engouement pour les biplaceurs de titiller les monoplaces !), soit un budget de 6000€ environ !

Sans autre sponsor que celui de mon entreprise de ramonage, autrement dit moi-même !

Concourir en dilettante, ne veux pas dire sans ambition ! Participer c’est bien, gagner c’est mieux. Il faut, d’après le règlement, s’inscrire sur 4 épreuves pour disputer la victoire finale! Etre bien classé n’est que la conséquence de bien voler, de se faire plaisir, de donner le meilleur de soi-même ! Les épreuves saint gervolaines débutent le Samedi 31 janvier 2009, RdV est donné à 8h00 du matin au pied du télécabine ! La veille, ma soirée est programmée : le vendredi c’est soirée Salsa & Latino avec les potes, couché à 3 plombes du mat’ ! Si ça, c’est pas une hygiène de sportif de haut niveau !!

Vendredi 30 janvier vers 18h, coup de téléphone de Renaud NOCHEZ, alias Sapinette, rédacteur en chef des comptes rendus hivernaux & responsable de la commission technique de ce même challenge, actuel leader du classement et l’un de mes adversaires préférés pour la bonne humeur ambiante qu’il dégage : « Allo SAM ? c’est Renaud, on a un compétiteur qui ne connais pas la station, peux-tu le déposer au PC, il est à pied avec tout son matos et nous on est logé à Servoz chez « Dom’Tom » (alias Dominique LECLERC, notre vénérable et antillaise Présidente de la commission Vol&Ski, ma copine de maternelle, si, si, c’est vrai, j’vous le jure !) et vu que t’es sur place, j’me disais que… » ! Et merde, c’est chiant de ne pas savoir lui dire non à mon pote, et re-merde, j’avais prévu de faire une p’tite grass’mat’ avant de monter sur les pistes !!!

Et là, mon cerveau de psychopathe ailé accouche d’une idée ; et si finalement je participai à la manche à domicile, mince, j’en suis tout de même le tenant du titre, je suis sur « mes terres ». Et nul n’étant prophète en son domaine (skiable), c’est vraisemblablement l’étape où je suis le moins bien accueilli ! Depuis plusieurs années, et l’installation d’un concurrent professionnel (en terme d’activité, pas franchement en terme de compétences…ça s’est fait ! Après j’m’étonne de voir ses moustaches se rebiffer !) mes relations avec le club local « de p’tits copains » n’ont vu que des divergences se dévoiler pour atteindre la scission radicale il y a environ 5 ans ! Donc, la simple annonce de ma présence génère ici un comportement et des attitudes à mon encontre qui nuisent à l’envie de m’amuser, de passer un bon week-end ; si je déboule à l’inscription ainsi, c’est clair le Dédé (faut l’gratter) en question va me faire chier, comme tous les ans, en cas de litige au scoring, si je l’ouvre, c’est clair, je vais passer pour un « casse-couille » et quoique je fasse, aider au décollage les multiples concurrents qui galèrent, répondre aux interrogations techniques des participants ou tout simplement passer de bénévoles en bénévoles pour vérifier mon score (je sais très bien qu’ils n’ont pas a revenir sur leur jugement en cas de désaccord), y’en aura toujours un pour commenter ma présence et y trouver une légitimité à déblatérer des conneries ! Donc, participer me ferait plaisir, mais incognito serait idéal, juste pour être heureux d’être là ! Idée : incognito, la voilà la solution !

Mais comment faire ? Je ne suis même pas inscrit ! Si j’annonce mon club, « les Frégates de Guadeloupe », si je mets ma tenue hivrnale siglée dans tous les sens « A2L-parapente », si je montre la minutie habituelle avec laquelle je me prépare, même noyé dans la masse des participants, il est clair que je risque d’être démasqué, non pas comme le « Goyave » du même nom de l’an passé, rapporteur hebdomadaire des épreuves sur un ton éditorialiste encore jamais pratiqué ( je vous invite à lire les archives de mon blog…si vous n’avez rien à faire de mieux, bien entendu !) mais comme un candidat sérieux au podium & comme l’homme à abattre pour l’ensemble de mes challengers ! Et je n’ai pas envie d’avoir la pression, je veux juste m’amuser et pourquoi pas faire un pied de nez à mes « p’tits copains du club local ». Merci Renaud, c’est grasse à toi que cette idée lumineuse d’illuminé m’est venue (en me faisant zapper ma flemme matinale pour cause d’absorbtion « modérée » durant la soirée latino de ti’punch & autre morito!). Je m’appellerai Eric, mon second prénom, BUSSE, le nom de ma mère ! Eric BUSSE, ça sonne pas mal et quoi d’autre ? Ah oui, la tenue de ski, mince, il faut que j’en revête une anonyme ; le visage, il faut le camoufler ; la voile, je dois en changer ; toutes mes habitudes de compétiteurs, je dois les réorganiser : ne plus être aux premières loges au briefing, ne pas poser de questions, ne pas décoller dans les 1ers, repérer le circuit tardivement, se faire doubler dans l’air de préparation pas les cadors et consors, accepter que quelqu’un me démêle la voile & pas nécessairement ainsi que je l’aurais fait, faire son vol et disparaître…bref, rien de ce que je pratique habituellement ! Et arborer tout un week-end, une cagoule en lycra, un casque format Caliméro & un masque plus proche de la centrale vapeur que de l’équipement d’un compétiteur venu en découdre ! J’ai passé mon temps à tenter de virer la buée que mon accoutrement générait dans le « goggle » sans me faire démasquer.

Pour l’anecdote, absolument pas inscrit, la preuve je reçu le dossard 85 (généralement j’envoie mes chèque en décembre pour toutes les épreuves afin de réserver l’hébergement, bref pas de faille dans la logistique). Le 1er test de ma supercherie fut le face à face avec les membres du bureau au PC ; 8h15, j’arrive & me retrouve 12ème sur la liste d’attente, le quota de 80 voiles étant atteint ! Je « zone » 1h immergé dans l’ensemble des organisateurs, bénévoles, copains, adversaires, amis & détracteurs… ça démarre pas trop mal, visiblement je suis incognito ! Je me prends au jeu ! Je me délecte. Je reste environ 45mn à 2 mètres de Renaud, je lui suggère même de proposer aux organisateurs de ne pas laisser 15 blaireaux sur le carreau, de les inscrire, quitte à revoir le tarif pour absence de panier repas ou de place au restau le soir, bref d’être à la hauteur du succès que remporte cette édition saint gervolaine. Et Renaud s’en fait le relais, il obtient gain de cause, je suis rassuré, on va pouvoir continuer de dérouler la mystification ! C’est tant mieux car je ne me serais pas geler les « corones » pour quedal ! Il y a encore 2 semaines de cela, j’étais en Guadeloupe : troquer les tongs pour les chaussures de ski, le paréo pour la combinaison & les 52° du rhum pour les -10 ambiants, ça refroidit son bohnomme ! Je quitte donc une 1ère fois la tenue d’Eric BUSSE pour reprendre ma tenue de pro’ local proposant des biplaces sur le lieu de la manif’…et je me montre ostensiblement, histoire de vérifier le subterfuge ! Ceux qui prétendent a posteriori m’avoir reconnu à ce moment là, au mieux un doute à germer, mais rien n’a filtré ! Désormais, il faut aller vite ; rejoindre mon décollage, récupérer mon matériel, une Advance Alpha 4 -26 orange & rouge et …me changer à nouveau , enfiler la combinaison Advance gagnée l’an passé à Courch’ et de préférence ressembler à un sac ! Eric BUSSE est un parfait inconnu dans le circuit. Pas compliqué avec la cagoule, le masque, le casque et un look global reflétant le parapentiste « lambda », non pas le pro’ qui passe 4 mois sur les pistes avec un équipement adapté, en soignant à minima son apparence vestimentaire ! Seul « bug », la voix !

Conclusion, se la fermer pendant 2 jours (pas simple ! Pour ceux qui me connaissent, ils ne peuvent que confirmer !) ou maquiller ma voix lorsque je ne peux vraiment pas faire autrement que de parler : je m’entraîne dans le télécabine ! Seul l’œil attentif d’un bénévole réputé, Denis Cortella pour ne pas le citer, remarquera le Dimanche, mes skis & chaussures, inchangés & tout de même après une analyse minutieuse et dubitative des photos prises le samedi, projetées au repas du soir ; les interrogations apparaissaient : « c’est qui ce Eric BUSSE, inconnu au bataillon & qui pour une « première participation » se paye le luxe d’être en tête au scoring intermédiaire, devant tous les cadors présents ! C’est Cécile, photographe reporter dominicale, qui m’accueillit au Casino en me demandant si j’avais bien « gazé » ce jour, persuadée qu’elle était de m’avoir reconnu ; bien joué miss, mais un « absolument pas, regarde sur la liste du classement, tu vois mon nom ? Non, bah tu vois, pour être classé, faut être inscrit ! C’est pas mon cas ! » Sic. Visiblement peu convaincue, elle n’insista que timidement & la soirée repris son cours. Je note tout de même que je ne fus jamais autant pris en photo à St Gervais que ce week-end là ! Demain il faudra jouer serré ! Une chose est sûr, je ne pouvais pas changer mon style de vol, de choix de trajectoires, de technique permettant de récupérer les 2 ou 3 situations délicates rencontrées sur les « run », dont il est clair que seul un pilote expérimenté pouvait s’extirper ! Traduction : une manière pour mes détracteurs d’admettre à mots couverts que je suis en plus d’être modeste (!), le profil type d’un prétendant au podium ; ça énerve, hein, d’en arriver à cette conclusion ?!

J’alternerai donc les apparitions en tant qu’Eric BUSSE, discret, limite effacé, demandant de l’aide au décollage, simulant la tremblotte au déco & ma présence en tant que Sam SPERBER, visible, venant donner un coup de main pour l’installation rapide des concurrents, distillant quelques conseils aux novices, circulant sur le parcours pour venir en aide aux « échoués » malheureux et laborieux…bref comme je l’ai toujours fait sur tous les circuits de France, Italie & Suisse ! Sauf à St Gervais, tant ils me cassent les pieds…à l’exception de cette fois-ci ! Vous auriez du apprécier messieurs les dirigeants du club, et pourquoi pas penser à me convier au barbecue du dimanche. C’est dommage, d’autant que Serge Tuaz, la veille me demanda mon avis quant à la validation d’une manche litigieuse « SAM, toi qui ne participe pas, tu es neutre, t’en pense quoi ? ». Tiens, mon avis intéresse quelqu’un, y’a du mieux ! C’est donc dans une sincère neutralité que je lui exprima volontiers mon analyse !

Le dimanche fut donc engagé ! Trouver le compromis entre, pourquoi pas, défendre crânement ses chances de victoire & ma priorité du moment, faire en sorte que la farce dure le plus longtemps possible ! Au fur & à mesure de la journée, il devint de plus en plus évident pour certains que quelque chose clochait ! Sur la 3éme manche, je décollai pour le second duel aérien sur la piste de l’Idéal : un tracé, où après analyse de la règle en vigueur, il fallait vite adopter une stratégie et là, mes challengers reconnurent un style qu’ils connaissaient bien ; aucune faille, la ligne parfaite, des choix rapides et une logique : d’après mon classement, les « podiumisables » seront ex aequo, donc je ne pourrais pas, ou peu, prendre de points ; ne pas en perdre, assuré le classement en maintenant l’écart & voir pour la suite où il faudra « lâcher » les chevaux ! 4ème & dernière manche : je sens que les conditions vont défavorablement évoluer, mais je suis encore habillé en Sam après avoir aidé les retardataires de la manche précédente, je me change donc en Eric une 6ème fois de la journée ( !), j’arrive au décollage avec un bon vent arrière, tant pis, j’ai l’avantage de la connaissance du terrain, les « top ten » ont déjà bouclé leur « run », le classement en subira le jeu des chaises musicales ; le dossard 85 se présente donc et… sans faute ! Seul pilote à réaliser le 100% ! Signé Furax !! Sur 4 manches (seules trois seront validées pour le challenge national) Eric BUSSE réalise trois 100% et ne manque sur l’ensemble des 60 cibles du week-end qu’un malheureux piquet, propulsant dès lors mon dauphin à plus de 300 points ! Résultat : 4050 points sur un total maxi de 4100 réalisables ! Seul pilote au dessus de la barre des 4000 ! On frôle mon meilleur souvenir : Flaine, l’an passé où je fus l’unique pilote de l’histoire du Challenge Vol&Ski à réaliser 5 manches consécutives à 100% des points ! Schizophrène & humble avec ça! Que mes détracteurs gambergent à ceci : « le simple d’esprit est celui qui regarde le doigt… lorsque le sage lui montre la lune ! » Au lieu de vous égosillez à me pourrir la vie lorsque je défendais les couleurs de mon club saint gervolain, vous auriez mieux fait d’appliquer vos belles paroles à la lettre : impartialité, pas de copinage & de conflit d’intérêt!

Aï, mes vieilles rancoeurs refont surface ! Pas bien Sam, c’est pas bien !! Bah oui, quant on est maniaco-schizo-mytho-dépressif, il est normal de dégoupiller parfois ! Rassurez vous les gars, j’me soigne…au Ti’punch ! Avec un peu de chance, soyez patient, j’vais devenir alcoolique en plus !

Allez, on termine ! La remise des prix ! Ah quelle grosse marade ! Il fut évident que bons nombres de pilotes m’avaient démasqué ou tout du moins se sentaient suffisamment sûr d’eux pour observer avec suspicion des commentaires dubitatifs ! Il me fallait tenir, d’autant que changer également une de mes habitudes justifiait de ne pas me mêler au groupe, je demeurai donc à l’écart, observant, jouissant de la farce finalement pas si mal menée & absolument convaincu que je ne devais pas dévoiler mon identité ; j’avais même organisé en compagnie de mon ami Jean Philippe, un scénario à 2€ pour qu’il monte sur le podium à ma place…au cas où ! Inutile ! Après l’épluchage à rebours du classement, être passé au top ten, puis aux 2 premières places, vint l’annonce du vainqueur ! Julien SERRE, grand ordonnateur de l’une des plus belles manches du circuit, Saint François Longchamp, et peut être le seul du club local à être en phase entre ses paroles & ses actes « Bon on a un problème pour le 1er, il est inconnu du circuit, on a vérifié auprès de la FFVL, inconnu, mais bon on est pas duppe & on envisage de récompenser le Fantomas du week-end par l’attribution du masque d’Or, on va demander à SAM SPERBER de nous rejoindre ! » Dernière tentative désespérée de ma part pour nier en bloc, et confronté à 150 paires d’yeux tournées vers moi additionné à la gentillesse & l’humour de Dom’Tom Leclerc aidée de Kti Devos pour m’extirper du fond de la salle en me portant vers la scène, c’est avec enthousiasme et fou rire que je me laissais faire, traversant en lévitation les spectateurs, captant des « j’en étais sûr » « ah tout s’explique » « ouais, bah le pauv’garçon, il s’arrange pas » (eh, Dédé, j’t’emmerde !) « y’a que lui pour battre Gros’Beraut & les Ouin-ouin helvêtes » « normal finalement ; il est chez lui » (tu vois Dédé, même eux le disent !) « Géant Sam, tu les a bien eu ! » ; cerise sur le gâteau, j’ai enfin eu droit à la poignée de main de Mr le Maire, de l’adjoint aux Sports (j’vous jure, qu’est ce qu’il ne faut pas faire !) , pas comme l’an passé, même place, même classement, mais on m’avait cordialement évité, la pauvre Hélène avait du s’exécuter pour les félicitations (timides) au vainqueur !

Moralité : merci aux bénévoles, aux organisateurs, j’ai passé un top moumoute week-end, détendu du string, enthousiaste à vous voir œuvrer de l’intérieur, observateur attentionné en vue d’également faire progresser le schmilblick pour finalement un seul objectif : que le Vol&Ski atteigne logiquement la place qui lui est due : une pratique à part entière, piste à fouiller pour palier à la défection croissante de renouveau dans notre recrutement, modification bénéfique de notre image auprès du grand public & enfin rêve un peu fou, de voir cette discipline reconnue au niveau internationale et pourquoi pas travailler ensemble pour la rendre olympique !

Le mot de la fin revenant à Serge « merci SAM, tu nous a bien fait rire ! » et bien tu vois Serge, les temps changent, c’est pas mieux ainsi ?! J’ai connu des temps où tu m’invitais publiquement en AG, à ne plus prendre mon adhésion au club de St Gervais ; mon club guadeloupéen des Frégates est ravi !

On peut rire de tout, disait Desproges…mais pas avec n’importe qui, rajoutait-il ! En tout cas, cette farce se voulait bon’enfant et avec un seul objectif : ne nuire à personne d’autre qu’à moi-même ! Plutôt réussi, non ?

Sans rancune…


PS : y'a un blog à visiter absolument (... après l'mien quand même, faut pas déconner non plus! Un peu de soleil des Tropiques, ça fait pas de mal!) celui des zéléphants :
http://zelephs-hannibal.blogspot.com/
& bien entendu le site officiel vol&ski.fr !

En tout cas, merci les copains, d'avoir bien rigolé & aux coincés, détendez vous, y'a des choses plus grave!! Merci à mes 2 porteuses qui ont gentillement bousculé l'arroseur arrosé, bon moment de rigolade! Bref, pour ma part : "ah, quelle grosse marâde!" ce w-e.

...et courage à tous mes potes de Gwada, qui doivent galérer un peu en ce moment. A pi taw...

Sam
PS : merci à l'auteur de la photo, qu'il se nomme en commentaire.

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1 Comments:

Blogger Jean Christophe SERME said...

Bravo Eric BUSSE !

Exellent la blague...j'adore
bien vu !

jc
http://www.kratairclub.com/

mardi, avril 28, 2009 4:35:00 PM  

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